While we’re young : coup de cœur confirmé!

Premier de la courte liste de mes potentiels coups de cœur cinématographiques de l’été (voir ici), While we’re young, sur les écrans depuis mercredi (22 juillet), est allé au-delà de mes attentes avec un humour qui fait mouche, des personnages de caractère et du fond, le tout grâce à un scénario mitonné aux petits oignons. Si je n’avais pas du tout accroché avec le précédent film de Noah Baumbach, Frances Ha (2012) – malgré une réflexion pertinente sur la nécessité de faire évoluer ses rêves pour trouver sa place dans l’âge adulte -, cette oeuvre m’a tout bonnement emballée… Abstraction faite d’une spectatrice blasée qui, à peine sortie de la salle, n’a pu s’empêcher de signifier à sa collègue : « Mouais, un peu excessif, non ? », critique spontanée so much parisian, comme si l’engouement était synonyme d’obscénité. Fervente militante du droit à l’enthousiasme, permettez-moi donc de vous faire partager le mien.

Couple de quadra sans enfant, Josh et Cornelia (Ben Stiller et Naomi Watts) ont su trouver l’harmonie malgré leur échec à devenir parents. Lui, documentariste en mal d’inspiration, elle, productrice résignée, ils vivotent de  rêves avortés tout en assistant à la construction familiale des autres. Leur rencontre avec Jamie et Darby (Adam Driver et Amanda Seyfried), jeunes mariés bohèmes de 25 ans, va quelque peu bouleverser ce fragile équilibre non sans leur insuffler une énergie nouvelle.

Édifié sur le principe du croisement générationnel, While we’re young entremêle avec intelligence les modes de vie et les convictions des rejetons des années 70 et 90 tout en se jouant des clichés. D’un côté, une maturité adepte du confort de son iPhone, de l’autre, une jeunesse qui réhabilite la VHS. Nulle volonté de casser vulgairement les a priori, mais au contraire une observation subtile de ces deux générations, l’une idéaliste et moralisatrice, l’autre ambitieuse et changeante. Par l’intermédiaire de ces deux couples séparés de vingt ans, Noah Baumbach ouvre le dialogue sur les relations à la nostalgie, la technologie et la morale. Si Josh et Cornelia ont fait le choix de condenser leur existence dans un smartphone, au risque de fermer définitivement la porte à l’inspiration du superflu, Jamie et Darby évoluent avec agilité entre vinyles, lecteur K7 et GoPro, montrant par-là même leur extraordinaire capacité à bâtir leur culture en s’appropriant celle des autres. Il y aura des instants de partage, de fusion, mais aussi d’incompréhension et de désillusion. Génération pourrie, génération bénie, laquelle détient la vérité de son époque ?

Servi par un casting sans faute (mention spéciale pour Adam Driver, déroutant, stupéfiant), While we’re young est une oeuvre marquante car particulièrement ancrée dans l’air du temps. Mais si son discours me paraît particulièrement indiqué aujourd’hui, qu’en sera-t-il après ? A revoir donc dans dix ans pour en évaluer la permanence. Le rendez-vous est pris.

 

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