Maxime d'Aboville dans "Une leçon d'histoire de France"

Si la France m’était contée… par Maxime d’Aboville

C’est dans l’habit sombre d’un domestique insaisissable et superbement malsain que je l’ai rencontré, c’est dans la blouse grise d’un instituteur IIIe République que je le retrouve. Même théâtre, même salle. De The Servant à Une leçon d’histoire de France, deuxième époque,  Maxime d’Aboville s’est tout de même expatrié du théâtre de Poche Montparnasse, le temps d’une saison, pour incarner Chaplin. Oh, pas bien loin ! Rue de la Gaîté. Pas vu. L’envie ne manquait pas cependant. Mais à la lecture de son CV, ce n’est pas tant le biopic de Charles Spencer que je regrette d’avoir raté. Majordome vénéneux stupéfiant dans la pièce de Robin Maugham, l’heureux récipiendaire en 2015 du Molière du comédien fascine, sidère. Pour cause son ascendance absolue sur une intériorité qui semble volcanique. Difficile de résister à ses faux airs d’émotif pyromane. Alors imaginez mon état quand je découvre qu’il a interprété Le Journal d’un curé de campagne aux Mathurins en 2010. Le rôle est d’une évidence !… Passons.

Affiche de la pièce de Maxime d'Aboville : Une leçon d'histoire de France, deuxième époqueUne leçon d’histoire de France, deuxième époque : de 1515 au Roi-Soleil. Fier programme en droite ligne d’un premier volet tout aussi flamboyant, De l’an 1000 à Jeanne d’Arc, déjà installé au théâtre de Poche en 2013. Maxime d’Aboville est à la leçon. Baguette au poing, il raconte la grandeur de la France à travers ses rois et ses guerres. De la bataille de Marignan à la mort de Louis XIV, en passant par la nuit de la Saint-Barthélémy, hauts faits et anecdotes piquantes forgent un discours au didactisme désuet. Heureusement, l’habit triste et fripé du sacerdoce professoral cache un nœud papillon incendiaire. Hors de la bouche du maître d’école se bousculent les mots de Michelet, Hugo, Dumas ou encore Rostand. L’Histoire prend la tournure d’un roman épique ponctué d’envolées romantiques et d’instants héroïques. Armé de son flegme, Maxime d’Aboville dompte l’impétuosité littéraire des génies patriotes  pour mener à bien une chronologie fantasmée de plus en plus belle à mesure qu’elle s’éloigne de la vérité. Ponctuellement, des variations de rythmes et de tonalités éperonnent le récit et titillent le public. Malgré quelques interludes pédagogiques, je reste cependant dubitative sur la portée éducative de la performance.  La faute très certainement à un professeur un peu trop charismatique.

 

Une leçon d’histoire de France, deuxième époque : de 1515 au Roi-Soleil, de et par Maxime d’Aboville, au théâtre de Poche Montparnasse, Paris 6e.

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