Renaud Gallissian, Ornella Petit et Alexandre Bussereau dans "La Veuve Choufleuri", opérette

Opérette en rehab : La Veuve Choufleuri

Les productions montées par de jeunes troupes m’enthousiasment particulièrement. Elles sont empreintes d’une intrépidité qui force la sympathie. Portées à bout de bras par des comédiens fraîchement sortis du conservatoire, elles allient technique et inventivité. Leur credo : pas de moyens mais des idées ! On renoue là avec la tradition du théâtre et ses concepts premiers : une histoire, des personnages, un public à émouvoir. Le jeu prend alors toute sa force polysémique. Jouer pour s’amuser, créer l’illusion et tout miser sur le pari fou d’une mise en scène anti-conformiste.

Monsieur Choufleuri en habit de chasse.

Feu monsieur Choufleuri, un sanglier a eu raison de lui…

Car c’est bien de pari dont il est question dans La Veuve Choufleuri – adaptation de l’opérette-bouffe d’Offenbach Monsieur Choufleuri restera chez lui le… actuellement au théâtre du Passage vers les étoiles – le pari de moderniser un genre remisé au placard de la ringardise. Pourtant l’opérette offre exactement tout ce dont on a besoin en ce moment : de l’humour, de la fantaisie, de l’allégresse, mais surtout la formidable insouciance de la fête. Et ça commence dès l’entrée du public qui est invité à faire un détour par la scène avant de rejoindre les fauteuils. Un chemin balisé serpente entre les personnages déjà en place, mais bloqués dans des gestuelles d’automates. En haut d’un mur, une tête de cerf fait la conversation : « Bonsoir… Bonsoir… Est-ce un écureuil cette chose poilue sur votre manteau ?… » Nous ne sommes même pas encore installés que le sourire est déjà sur tous les visages. Il ne nous quittera plus pendant une heure.

De l'humour, de la fantaisie, de l'allégresse, mais surtout la formidable insouciance de la fête ! Click To Tweet

Conviés à la soirée musicale donnée par madame Choufleuri (Ornella Petit), nous assisterons aux préparatifs puis à un récital italien d’anthologie qui ne manquera pas de pimenter la relation déjà tendue entre la maîtresse de maison et l’amant de sa fille (Alexandre Bussereau).  Sous les regards narquois d’un domestique belge (Renaud Gallissian) quelque peu rebelle et d’une professeure de piano (Ayana Fuentes Uno) qui aime se trémousser à l’occasion sur des rythmes endiablés, Ernestine (Romanes Coumes) et Babylas feront preuve d’une ruse fort audacieuse pour faire accepter leur mariage à la malcommode et boulimique veuve. Vous l’aurez compris, c’est léger, impertinent, follement vivant. En prime de belles voix lyriques qui s’adonnent avec joie aux sautillantes mélodies d’Offenbach. Pas un spectateur qui ne soit tombé sous le charme du délicieux timbre de la soprano Romane Coumes… ou serait-ce de son extraordinaire coiffure ?

 

Affiche de l'opérette La Veuve Choufleuri

 

 

 

 

La Veuve Choufleuri, les samedis 28/11, 19 et 26/12 à 16h, les mardis 1er et 08/12 à 20h, au théâtre du Passage vers les étoiles, Paris 11e

PROLONGATIONS 2016 ! Tous les samedis à 16h jusqu’au 5 mars.

Rendez-vous sur Hellocoton !