Moins 2 à Hébertot : Bedos et Magnan s’évadent !

C’est l’histoire de deux vieux qui veulent se faire la malle. Ils viennent tout juste de se rencontrer dans la salle de réanimation d’un hôpital. L’un a un cancer des poumons, l’autre des reins. Ils n’ont plus que deux semaines à vivre, grand maximum. Alors plutôt qu’attendre la mort dans des draps aseptisés, ils décident de céder à l’appel de l’aventure, accompagnés de leur compte-gouttes.

Moins 2 - 2

Philippe Magnan et Guy Bedos dans « Moins 2 » – Photo Lot

Guy Bedos et Philippe Magnan endossent les pyjamas rayés des fugitifs. Au lever de rideau (cet instant de jouissance sans pareille), on les découvre allongés côte à côte dans des lits médicalisés. Leur placidité et leur humour éloignent toute tentation d’apitoiement pour laisser place à une profonde sympathie. Et puis, deux bonshommes au seuil de la mort qui tentent l’évasion en pantoufles… Qui voudraient les arrêter ? Bien au contraire, on les suit volontiers sur le bord de la route le pouce en l’air, dans une salle des fêtes de banlieue à reluquer les danseuses, ou encore sur les berges d’un canal à écouter le plongeon des suicidaires.

Samuel Benchetrit, qui signe à la fois le texte et la mise en scène, semble avoir pris bien du plaisir à dérouler les ultimes heures de ces moribonds en goguette. Drôlissimes, Bedos et Magnan excellent dans le détachement de leurs personnages, ces être désincarnés – ne serait-ce que pas leur tenue vestimentaire – et flegmatiques, flottants parmi les vivants (anges ou fantômes ?). Certains parleraient d’une sagesse des derniers instants, j’y vois plutôt un je-m’en-foutisme pré mortem qui, en plus de nous faire rire, nous offre le recul nécessaire à l’appréciation de nos si petites et pourtant si précieuses existences. Un conseil : la prochaine fois que vous croisez un vieux en chemise de nuit, prenez garde, il pourrait bien changer votre vie.

Actuellement au théâtre Hébertot.

 

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