Les joyeuses facéties des Mummenschanz

Un bien étrange collectif au nom improbable (et imprononçable !) s’est emparé du théâtre Antoine ce 3 juillet (représentations prévues jusqu’au 12 juillet) : ce sont les Mummenschanz. Sans paroles, sans musique, ils proposent une nouvelle expérience du théâtre entièrement fondée sur le visuel et la créativité. J’ai testé.

Inclassables, les performances des Mummenschanz échappent à tout rapprochement artistique tout en relevant d’une infinité de techniques théâtrales. A la fois mimes, marionnettistes ou clowns, les membres de la troupe se distinguent également par leurs talents de costumiers, de plasticiens et de scénographes à travers des dizaines de séquences provoquant le rire et piquant la curiosité. Le résultat ? Des formes géométriques en carton qui s’assemblent sous les yeux des spectateurs pour s’apparenter à un chat ou une fillette, des tutus phosphorescents qui deviennent fleur, cygne ou colibri, une feuille de papier géante qui se plie en faciès grotesques…

C’est diablement inventif, bougrement intelligent et en même temps d’une merveilleuse simplicité. La magie tient beaucoup à un travail de lumières ultra précis  : fantômes cagoulés de noir, les Mummenschanz disparaissent totalement dans le fond de scène pour donner aux regards l’illusion de la vie dans un morceau de tissu ou un rouleau de papier toilette. Si les enfants s’éclatent lorsqu’un i de deux mètres de haut les invite à jouer avec son point, énorme ballon rouge, les adultes apprécient le comique d’un duel sans pitié entre deux masques de pâte à modeler.

Ce spectacle, définitivement hors norme, concentre son originalité dans sa capacité à susciter l’imagination de son public, auditoire des plus attentifs qui voit dans chaque tableau le prodige d’une créativité décomplexée.

 

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