Les Chaises musicales : douceur à la française

Ils ont beau être à l’origine du genre, les Américains sont loin d’avoir le monopole des « feel good movies ». Nos réalisateurs hexagonaux se défendent d’ailleurs plutôt bien en nous délivrant chaque année des fables pleines d’humour et de douceur (Comme un avion, La Famille Bélier, Camille redouble…), pauses salutaires entre deux blockbusters dopés à l’adrénaline. Cet été, au milieu de la faune bodybuildée servie par Ant-Man, Terminator Genisys ou encore Les Fant4stiques, Marie Belhomme a fait le choix de la délicatesse avec son dernier film, Les Chaises musicales, comédie d’un moelleux de marshmallow portée par Isabelle Carré, Carmen Maura et Philippe Rebbot (sortie le 29 juillet).

On y retrouve Perinne, blondinette de 39 ans au minois poupon et à la sincérité désarmante. Violoniste « presque » professionnelle, elle tente de joindre les deux bouts en animant anniversaires d’enfants et soirées du troisième âge. Fauchée et célibataire, elle manque de justesse la rime avec meurtrière le jour où elle précipite involontairement un pauvre bougre dans la benne d’une déchetterie de campagne et prend la fuite. Le lendemain, après avoir lu dans les journaux que l’homme n’est pas mort mais plongé dans le coma, elle lui rend visite à l’hôpital et décide de réparer sa faute. Commence alors une plongée dans l’univers de l’autre, cet inconnu endormi qui va prendre de plus en plus de place dans la vie de notre ingénue.

 

Les Chaises musicales 2

Philippe Rebbot et Isabelle Carré dans « Les Chaises musicales »

 

Hormis la jouissance un brin moqueuse de voir Isabelle Carré déguisée en Dark Vador, en banane ou en ours en peluche,  Les Chaises musicales procurent bien-être et tendresse par la médiation d’un univers particulièrement bienveillant peuplé de personnages altruistes. Ici une bénévole qui occupe les soirée de personnes âgées, là le responsable d’une ludothèque de quartier, là encore une directrice de centre de loisirs qui dispense un cours de respiration en plein entretien d’embauche. Animés par la passion et la joie de vivre, les protagonistes s’invitent dans l’existence brouillonne de Perinne pour y remettre peu à peu de l’ordre, malgré sa propension à emmêler les situations les plus simples. Je ne vous révélerai rien en annonçant que l’histoire se termine bien ; nous sommes d’accord sur  l’insignifiance des chutes heureuses des « feel good movies ». Tout l’intérêt tient dans le chemin parcouru et vos compagnons de route. Avec Isabelle, Carmen et Philippe, vous irez bon train.

 

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