Le miracle Ricki and The Flash

Spectatrice exemplaire, à l’instant où je m’asseyais confortablement dans le fauteuil central du sixième rang de la salle 11 de mon cinéma de quartier, j’étais prête pour le rock, j’étais prête pour l’amour, j’étais prête pour Ricki ! Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que la scène d’ouverture me cueille comme une bleue.

Ricki and The Flash - afficheEntourée de son groupe de musiciens, Ricki fait crépiter ses cordes vocales et chanter sa guitare avant d’embraser la clientèle du bar où elle se produit chaque soir. Du rythme, du style, de la passion et une caméra (celle de Jonathan Demme : Philadelphia, Le Silence des agneaux) au plus près de l’action qui capte la moindre émotion sur scène comme dans la salle, il n’en fallait pas plus pour que mon cœur s’emballe et charge mon sang de fourmillements délicieux. Me voici happée par les ondes électriques de Ricki and The Flash, soit 1h40 de montagnes russes émotionnelles.

Sous le Perfecto et la quincaillerie eighties de la rockeuse vedette, Meryl Streep est magnifique d’inconvenance, d’excentricité et surtout d’authenticité. Femme entière et déterminée, elle a osé tout quitter – mari, enfants, confort – pour suivre sa passion de la musique. Mais la dépression de sa fille, fraîchement plaquée par son jeune époux qui lui a préféré une collègue de travail, va rappeler la mère « indigne » à ses devoirs.

Efficace et sans futilités, le scénario de Diablo Cody (Juno, Jennifer’s Body, Young Adult) aborde frontalement les relations mère/fil(le)s et les conséquences de la maternité sur la liberté des femmes. Vivre selon ses rêves… Besoin vital ? Sacrifice ? Ou triomphe de l’égoïsme ? Dans Ricki and The Flash, tous commettent la faute d’exiger d’un proche ce qu’il est incapable d’offrir tout en refusant de s’ouvrir à ses richesses propres. Une leçon qui sonne comme une invitation à la paix et à la tolérance dans les familles. Il n’y a plus qu’à méditer là-dessus en compagnie d’un bon vieux tube de Bruce Springsteen.

 

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