Le Charme discret de l’intestin : best-seller de nos entrailles

Tout part de chez nos voisins allemands. En 2012, une adorable blondinette de 22 ans, Giulia Enders, étudiante en médecine, remporte le premier prix du concours d’éloquence « Science Slam » avec une présentation drôle et décalée de sa thèse sur le système digestif. La vidéo de sa prestation compte des milliers de vues et un éditeur la contacte pour faire de son sujet de prédilection un livre. Darm mit Charme, en français Le Charme discret de l’intestin, sort en mars 2014 et se hisse rapidement à la première place du top des ventes. Si le phénomène enjambe le Rhin dès avril 2015, ce n’est qu’en septembre que l’ouvrage a atterri sur ma table basse. J’avoue, le buzz médiatique et l’approche primaire de nombreux journalistes m’avaient persuadé de passer mon chemin. Et puis, au détour d’une pile d’exemplaires en librairie…

Le Charme discret de l'intestin

Illustration de Jill Enders pour « Le Charme discret de l’intestin », éditions Actes Sud.

Véritable ode à un « organe mal aimé », Le Charme discret de l’intestin est un très bel exemple de vulgarisation scientifique. Giulia Enders a de l’humour, de la rigueur et une bien jolie plume capable de transmettre autant ses connaissances que le plaisir de la lecture. Sa façon d’aborder certaines théories médicales de manière synthétique et imagée rappellera à de nombreux lecteurs les leçons de Maestro, vieux barbu sympathique du dessin animé Il était une fois… la Vie. Les réjouissantes illustrations de Jill Enders, sœur de la jeune thésarde, y participent.

Mais la raison même de l’engouement européen pour Le Charme discret de l’intestin  tient plus certainement dans ce qu’implique sa lecture : un bouleversement total de la perception de notre système digestif. Domaine délaissé il y a encore peu, la gastro entérologie commence a divulguer ses secrets depuis une petite décennie. Giulia Enders s’est donné pour mission de nous raconter ce qui se dit dans les colloques, de la posture idéale pour déféquer aux subtilités du fonctionnement du sphincter en passant par l’incroyable peuplade du gros intestin, composée de créatures bactériologiques par milliards qui apprécient la chaude et humide douceur de nos entrailles. Le ventre, une planète habitée ? Oui, mais également un « cerveau » sensible qui peut influer sur notre humeur ou l’aspect de notre peau.

En nous plongeant dans cet univers de quasi science-fiction, Giulia Enders nous invite surtout à en prendre soin. Cultiver les bonnes bactéries plutôt que de vouloir supprimer les « mauvaises », reprendre les bases de notre alimentation, écouter nos besoins, respecter cet organe essentiel qui n’a qu’un seul objectif : notre bien-être.

Il est temps de vous laisser avec Giulia, c’est encore elle qui en parle le mieux !

 

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