La Femme de trente ans – premières pages

Alors non, ce n’est pas une blague, c’est bien d’un roman de Balzac dont il est question dans cet article. Si j’ai une certaine curiosité pour la littérature contemporaine, il n’empêche que de temps en temps j’aime replonger dans le style inégalable des auteurs du XIXe : Flaubert, Zola, Huysmans, Barbey d’Aurevilly, Hugo… Autant de génies qui ont forgé ma sensibilité et embelli des milliers d’heures de mon adolescence. Certains se réconfortent avec un vieux Disney quand moi je m’immerge dans une nouvelle de Maupassant. A chacun son Bisounours.

Cela dit, passons au sujet qui nous intéresse : La  Femme de trente ans, l’un des romans emblématiques de notre cher Honoré. Ayant atteint il y a quelques semaines l’âge fatidique, je suis tombée sur l’ouvrage lors d’une virée en librairie : hasard ou destin ? Balzac essaierait-il de communiquer avec moi depuis les limbes ? Réceptive aux attraits d’un tel mystère, il ne m’en fallait pas plus pour faire marcher le commerce et ramener ma nouvelle amie à la maison. Un thé, un canapé, et me voilà partie dans les premières pages.

Un matin d’avril 1813, Julie, adorable jeune fille en fleur, se rend aux Tuileries avec son père pour assister à une revue des troupes de Napoléon. Un officier vient à leur rencontre. C’est Victor, le cousin de la mignonnette. Subjuguée (« Il était mince, il était beau, / Il sentait bon le sable chaud… »), elle le regarde évoluer sur son magnifique cheval noir avec une telle ferveur que la réalité de ses sentiments saute aux yeux de son vieux papa. Ce-dernier la prévient, le bellâtre n’a pas le potentiel d’un bon mari : pas d’esprit, sans talent, dépensier. Bref, Victor est un jean-foutre. Julie est trop amoureuse pour prendre au sérieux ses conseils.

Nous la retrouvons un an plus tard, en chemin pour Tours suite aux déboires napoléoniens qui font trembler Paris. Elle est orpheline et mariée à son cousin. Désormais comtesse d’Aiglemont, elle a tout pour être heureuse. Pourtant, la joie de vivre semble l’avoir quittée. La tante de Victor, chez qui elle se rend, essaiera de percer le secret de cette tristesse en vain, jusqu’à cette nuit d’insomnie où Julie écrit une lettre à une amie de couvent pour l’avertir des déceptions du mariage. La vieille parente s’immisce dans la rédaction et comprend à la lecture la cause de la mélancolie de sa nièce : Victor est un mauvais coup ! Bien sûr tout cela est dévoilé à couvert d’un langage recherché, loin de notre vulgarité moderne, avec des répliques inoubliables de type : « Il me cherche trop souvent » (Julie). N’empêche que notre jeune couple aurait bien besoin de faire une thérapie, voire de consulter un sexologue. Entre une oie blanche et un militaire un peu trop habitué aux bordels de régiment, tout un monde ! Le fait étant que la pauvrette n’en peut plus d’être prise à la hussarde et ce depuis la nuit de noces. Après plusieurs semaines de répit, son mari la rappelle à Paris. La bonne tantine, élevée selon les préceptes libertins de l’époque Louis XV, s’offre de remettre Victor sur le bon chemin, mais voilà qu’elle décède lors du voyage qui doit la mener à la capitale. Julie se retrouve donc seule avec son satyre de mari. A suivre…

 

(Illustration : Portrait d’une dame, 1828, Johan Carl Frederik Viertel)

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2 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. marc

    un roman que je ne lirai probablement jamais… mes 30 balais étant bien loin. En revanche , je suis curieux de connaître ls suite des aventure de ce Jean-foutre. Ton style détaché me fait rire.

    • Myriam Fleuret

      La suite bientôt ! Patience.