Christian Bale et Cate Blanchett dans le film de Terrence Malick : Knight of cups

Knight of cups : Terrence Malick l’ensorceleur

Qu’est-ce qui fait courir les fans de Terrence Malick ? Des plans surdimensionnés, une caméra toujours en mouvement, l’absence de bavardages inutiles, une harmonie parfaite entre image et musique, une linéarité saccadée qui laisse la place au mystère, la quête perpétuelle de la beauté sur grand écran. L’énigmatique réalisateur des Moissons du ciel (1978) n’en finit plus de capter l’instant dans des films ultra contemplatifs aux budgets hollywoodiens et au public plutôt restreint. Son dernier opus, Knight of cups, atteint le summum du style : deux heures d’errance existentielle entre les plages de Santa Monica, les déserts californiens et les beuveries de L.A. avec en têtes d’affiche Christian Bale, Kate Blanchett, Natalie Portman, Freida Pinto ou encore Antonio Banderas. Démonstration faite qu’il est possible de faire du cinéma d’auteur avec une production qui tient la route, même s’il faut reconnaître que l’exemple s’apparente à un miracle.

 

Christian Bale et Natalie Portman dans le film de Terrence Malick : Knight of cups

Christian Bale et Natalie Portman dans « Knight of cups »

 

Sous ses airs arty, la trame de Knight of cups reste d’un grande simplicité : Rick, scénariste à Hollywood, prend conscience de la vacuité de sa vie et commence un long voyage intérieur afin d’y trouver un sens. Son parcours sera échelonné de nombreuses rencontres féminines, la quête existentielle se superposant à la quête amoureuse. Découvrir l’âme sœur équivaudrait à se découvrir soi-même? Pourquoi pas. Divisé en chapitres à l’effigie des arcanes majeurs du tarot marseillais, Knight of cups s’auréole d’un certain mysticisme qui, paradoxalement, clarifie plus l’interprétation qu’il ne la brouille. Tel un photographe qui voudrait figer le temps, Terrence Malick raconte par instantanés : une balade au bord de l’océan, une dispute, un trajet en voiture, une garden party… Si les spectateurs avertis se laisseront bercer par la beauté époustouflante des prises de vue, les autres quitteront la salle avec une impression d’ennui mortel. Je suis des ensorcelés.

 

Affiche du film Knight of cups de Terrence Malick

 

[Photos : © StudioCanal]

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