Comme un avion : le bonheur à portée de rame

Dans son nouveau film, Comme un avion, le réalisateur Bruno Podalydès touche au fantasme universel du voyage en solitaire à travers l’aventure de son personnage Michel, passionné d’aviation sans avoir jamais volé et pris d’un soudain béguin pour le kayak. Après plusieurs  jours de simulation sur son toit et l’acquisition massive de matériel pour Robinson enfanté par Nature & Découvertes, il finit par prendre quelques jours de congés et se lance à l’eau (coup de folie sur quatre jours de RTT, certains ont le sens du rock’n roll).

Larguer les amarres, mettre les voiles, prendre le large, derrière ces expressions galvaudées se cache finalement l’unique quête de l’existence, celle qui a construit le mythe de tant de héros : le dépaysement. Ce n’est ni plus ni moins ce qui pousse Michel à se glisser dans son embarcation et à se laisser porter par le courant, telle une coquille de noix esseulée. Au fil de l’eau, notre Ulysse retrouve le réflexe de la contemplation et s’oublie dans l’instant présent, jusqu’à ce qu’une buvette bucolique installée sur la berge n’arrête sa course. L’atmosphère se fait alors irréelle et féerique, à l’image d’une fête nocturne d’Alain-Fournier, la mélancolie en moins. Michel boit un verre, installe sa tente puis s’attarde aux doux chants de la volupté d’Agnès Jaoui et de la fraîcheur de Vimala Pons qui retiendront longtemps le voyageur dans leurs filets tissés d’absinthe.

Dans le rôle principal, Bruno Podalydès joue la bonhomie. Sorte de bisounours égaré, il reçoit chaque péripétie de son aventure avec le recul de la candeur retrouvée. Le naturel placide de Michel doit d’ailleurs être une source de frustration terrible pour les dieux qui n’ont besoin de réveiller aucune tempête ni monstre marin pour entraver son projet. Une averse ou une tente réfractaire au repliage suffisent. Et pendant ce temps, que fait Pénélope ?  Tout sauf de la tapisserie ! Textos à l’appui, la lumineuse Sandrine Kiberlain suit l’avancée du héros tout en séchant ses cours de yoga. Aussi homériques soient-elles, à chacun ses escapades !

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. marc

    Faut vraiment que je vois ce film

    • Myriam Fleuret

      J’aurais peur que tu te mettes au kayak après…