Chatons violents : l’effet Kiss Cool selon Océanerosemarie

L’entrée en scène est timide. Avec son jean noir et sa chemise à carreaux, on ne peut pas dire qu’Océanerosemarie brille par son style vestimentaire. Débit de paroles rapide et saccadé, déambulations énervées, elle est en pleine prise de tête avec son mec qui oublie une fois de plus ses clefs avant de partir bosser. Enfin, son mec… Sa nana, plus précisément, une nana qui en a, parce que la virilité c’est surtout une question de tempérament, nullement incompatible avec une passion pour les « lolcats » qui plus est…

Je t’entends piaffer, ami lecteur. Quatre phrases et tu te demandes déjà où je veux en venir. C’est exactement l’état d’esprit dans lequel se trouvait le public des Béliers Parisiens lors de la présentation du nouveau spectacle de la comédienne Océanerosemarie (certains connaissent sa chronique sur France Inter), Chatons violents, qui se jouera dès le mois d’octobre au théâtre de la Gaîté Montparnasse. Patience, ces dix premières minutes de flottement prendront tout leur sens au fil du spectacle.

chatons violents - afficheSi l’humoriste prend le temps d’apprivoiser son public parisien, c’est parce qu’elle a un sacré paquet de trucs à lui dire. Des cœurs brisés de Paname qui s’expatrient à Marseille aux bobo de Montreuil qui reconnectent avec la nature en plantant une haie de bambou, rien n’échappe à l’œil impitoyable de la jeune femme qui fusille de ses balles de velours aussi bien préjugés que petites hypocrisies xénophobes et agressions ordinaires. Pas de mot plus haut que l’autre, des formules qui claquent et un sens de l’humour communicatif, mais la critique est juste, les accusations sont lourdes, les propos véhéments.

Le titre, Chatons violents, annonce la couleur : Océanerosemarie enchaîne les uppercutes avec ses gants rembourrés de ouate. Sur le moment, le rire emporte tout, à la sortie le contrecoup est rude : on s’en est pris plein la gueule. Je déteste le qualificatif bien pensant de « utile » et je me garderai d’en user ici. Assister à la performance habile et franche d’Océanerosemarie ne changera pas nos comportements communautaristes. Tout juste peut-on espérer l’embrasement d’une petite flamme de lucidité entre deux pics d’hilarité.

Trêve de bavardages. Un texte riche et intelligent, une interprète sincère et volubile, une mise en scène rythmée qui aime les accélérations façon grosse cylindrée (Mikaël Chirinian au volant)… Si ça m’a plu? Quelle question !

 

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