crédit : Pasquale Vitiello

A chacun sa saison, à chacun sa rentrée

Après plus d’un mois d’absence sur Comme un poisson dans l’air, la rentrée a sonné. « La veille des vacances d’été ? »me diriez-vous. C’est là tout l’intérêt d’un blog indépendant. On peut se permettre de nager à contre courant. Et puis la vie culturelle à Paris entre juillet et août a une saveur si particulière. La frénésie des expositions baisse de régime, les théâtres réduisent leur programmation et les cinémas comptent moins de sorties, pourtant l’offre est toujours là. Plus concentrée, moins tapageuse, elle est autrement choisie.

La lenteur des chaudes et longues journées est une invitation à découvrir des artistes peu mis en lumière (je pense à l’exposition dédiée au peintre romantique Charles Gleyre au musée d’Orsay), à redonner toute sa place à l’exceptionnel (je pense aux incontournables « Etés de la danse » qui accueillent cette année le New York City Ballet), à applaudir les valeureux humoristes qui n’ont pas cédé aux appels d’Avignon (je pense au comte de Bouderbala, à Kheiron ou encore Caroline Vigneaux), à profiter des prolongations des succès de l’année (je pense à la pièce à suspens La Dame blanche au Palais-Royal [vais-je enfin me décider à aller la voir ?…]), à éplucher les programmes des salles d’art et d’essai pour rattraper un film manqué (je pense à Midnight Special et Room, mes deux gros coups de cœur de ce premier semestre).

Mais l’été à Paris, c’est surtout le bonheur du désencombrement du métro, des trottoirs, des files d’attente et a fortiori de notre esprit. Tout se savoure et s’apprécie avec une légèreté retrouvée. Pour peu que l’on puisse aussi s’offrir quelques jours d’exotisme en dehors de la capitale juste avant le grand rush de la reprise de septembre, et on frôle l’état de grâce.

Le premier rendez-vous de cette période bénie a lieu aujourd’hui avec le début de la Fête du cinéma (la fin mercredi, il ne faut donc pas traîner). J’ai jeté mon dévolu sur Love & Friendship, adaptation de la nouvelle de Jane Austen, Lady Susan. Je connais déjà la composition de la salle : des nanas et des vieux, comme toujours avec les films en costumes. Un article dans la foulée ? Je l’espère. Ce serait malheureux de douter dès le jour de la rentrée.

[Photo : Pasquale Vitiello]

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